Le jeu des 5 erreurs en Web Analytics

Parce que le domaine des Web Analytics a évolué depuis ses débuts, il est maintenant possible de faire des retours sur expériences de personnes que nous avons rencontrées (au Mercredi du Web Analytics, aux rendez-vous des Web Analytics de Lille...), dont voici un condensé, pour vous aider à déjà ne pas faire les mêmes erreurs. Ou pour juger de la qualité de travail de votre prestataire !

1/ L’outil de Web Analytics parfait n’existe pas

Et oui il faut vous y faire, l’outil de Web Analytics où vous n’aurez que 10 clics sur le bouton « suivant » pour le mettre en place pour que celui-ci vous trace tout ce que vous souhaitez, au sein de vos pages web, sans que ce soit la même chose que votre voisin, cet outil là n’existe pas.

Et j’irai plus loin : un partenaire (que ce soit une agence - SSII, Web Agency - ou un éditeur) qui vous dit que ce sera facile de mettre en place, que vous n’aurez rien à faire : ce n’est tout simplement pas vrai. Vous devrez vous investir (financièrement au départ et personnellement par la suite) en spécifiant ce que vous voulez tracer sur votre site, ce que vous voulez savoir de vos internautes, en formant vos équipes à savoir le faire plus tard pour devenir un minima autonome.

Si vous voulez que votre projet réussisse il y a deux éléments clés à ne pas oublier dès le départ : s’investir et trouver un partenaire qui vous convienne. Mais c’est ainsi pour beaucoup de projets en informatique…

2/ Chaque outil mesure selon ses principes

Beaucoup de clients viennent vers nous en disant « Tel outil est moins bon que tel autre puisque dans le second j’ai plus de pages vues ». Pas forcément…

Chaque outil mesure légèrement différemment les indicateurs basiques comme les pages vues, les visiteurs, les visiteurs uniques. Prenons l’exemple de la visite. Une visite est une session durant laquelle l'internaute parcoure les pages d'un site internet. Si cet internaute est inactif durant plus de 30 minutes ou ferme son navigateur, il générera une nouvelle visite lorsqu'il visitera une nouvelle page du site.

Cependant, ce temps de 30 minutes est configurable pour la plupart des outils, et vous pouvez ainsi dire que pour votre site, une visite c’est seulement 15 minutes. Donc si après un temps de latence de 15 minutes ou plus le visiteur revient ce sera une seconde visite. Du coup sur un outil vous pouvez compter une visite là où sur l’autre vous en aurez comptez deux.

Et je n’aborde pas le problème des cookies, qui peuvent être bloqués par certains navigateurs internet, ou remis à jour par une population d’internautes. Mais l’ordre de grandeur doit normalement toujours être le même.

3/ Garder toujours en tête votre trafic

Beaucoup de personnes estiment que maintenant qu’ils savent ce qu’est une visite, un visiteur,  et un visiteur unique, ils n’ont plus besoin de regarder ces indicateurs une fois que leurs KPIs personnalisés sont créés. Et pourtant…

Pourtant ces données de base expliquent vos indicateurs clés. Si votre trafic diminue de moitié, il y a de grande chances pour que cela ait une influence sur votre nombre de ventes, votre nombre de nouveaux visiteurs… Alors s’il ne faut pas s’affoler pour une baisse de trafic de 0.01%, il faut toujours garder un œil sur la tendance de votre trafic.

4/ Considérer un taux de rebond au site

Par définition un taux de rebond estle pourcentage de visites d’une seule page (où l’internaute quitte votre site dès la page d’entrée).

C’est donc le nombre de visiteurs qui sont arrivés sur une page de votre site internet et qui n’ont pas été  voir au-delà de cette page. Cela peut donc vouloir dire que votre site est tellement bien construit qu’en faisant leur recherche Google ils sont directement arrivés sur l’information qu’ils voulaient, ou que la page qu’ils ont trouvé ne leur plaisait tellement peu qu’ils n’ont même pas eu envie d’aller voir plus loin… Ou pire ils sont arrivés sur une page d’erreur dite « 404 - Page non trouvée »…

Bref dans tout les cas ce taux de rebond ne peut correspondre qu’à la dimension d’une page et non pas au site, cela n’a aucun sens de parler d’un taux de rebond au site. Pour preuve essayer de transposer un des exemples précédents sur la totalité des pages. Déjà lorsque vous parler de plusieurs pages c’est contraire au taux de rebond qui lui par définition n’en fait intervenir qu’une seule.

5/ Arrêter de lire le nombre de visiteurs, ou encore de visite du jour

Cela n'a aucun sens de lire uniquement le nombre de visiteur du jours, ou encore le nombre de visite que vous avez eu depuis ce matin.

L'important est de comparer cette information avec son contexte : est-ce que vous avez plus de visites que d'habitude à la même tranche horaire ? Est-ce que pour ce mois-ci la tendance est un trafic en hausse ou en baisse comparativement au même mois de l'année dernière ?

En dehors du cadre d'une campagne marketing, le fait de regarder le chiffre exacte d'un trafic ne sert à rien, il faut que vous observiez la tendance (augmentation, baisse, stagnation...). Mais il est certain que vous n'aurez jamais exactement le même trafic à une heure donnée de la journée, et idem le lendemain, au visiteur près. Sauf si votre site enregistre moins de 5 visites par jour en moyenne dont toutes ses visites entre 12h et 12h30 parce que votre mère, vos deux meilleurs amis et votre oncle ainsi que vous même vous y retrouver pour jouer ensemble sur un jeu que vous avez mis en ligne. Mais là avouez que c'est un cas réellement atypique...

Surtout si vous avez une question à propos de cet article, des indicateurs que votre outil ou que votre prestataire vous fournit,  n'hésitez pas, contactez nous ou laissez un message !

3 réponses

  1. Article intéressant qui soulève des points importants sur quelques “mythes” ou idées préconçues. Voici quelques commentaires et retour d’expérience.

    1/ L’outil de Web Analytics parfait n’existe pas
    L’implementation d’un outil est plutôt simple, c’est l’implementation du tagging et des rapports qui est souvent sous-estimée. L’erreur est de penser que c’est une activité limitée dans le temps – càd qu’une fois que c’est fait, c’est terminé. Ouh, fatale erreur!
    Le balisage d’un site est une activité continue qui doit être constamment contrôlée (un site évolue) et révisée (les objectifs et le contenu évoluent).
    Le mieux est de commencer avec un plan de départ attaquant les éléments de bases et les plus importants et puis de l’enrichir continuellement au fur et à mesure de l’évolution des besoins et de la maturité des WA dans l’entreprise. Bref, selon une approche à la “KAIZEN” 🙂

    2/ Chaque outil mesure selon ses principes
    Erreur classique – qu’importe l’outil, ce qui compte c’est ce que l’on en fait. Commencer à comparer ou à utiliser 2 outils, c’est se compliquer la vite et dépenser son énergie sur de “faux” problèmes. Avinash Kaushik aborde ce point dans son dernier livre et sur son blog: “If you have more than one clickstream tool, you are going to fail.”. Tout est dit 🙂

    3/ Garder toujours en tête votre trafic
    Mais surtout suivre les tendances dans un contexte global sur le temps mais aussi en considérant des paramètres exterieurs. Une baisse significative peut être normale: période de l’année, absence de campagne ou d’activités promotionelles, évènements particuliers (sportifs ou autres). Par exemple, on a constaté par le passé, une baisse significative du trafic sur certains sites lors de matchs des équipes nationales lors du la coupe du monde 🙂
    Regarder un chiffre de manière isolée est absurde et dangereux.

    4/ Considérer un taux de rebond au site
    Là, je ne suis pas (tout à fait) d’accord. Le taux de “rebond” d’un site peut être calculé et servir d’indicateur global (à titre d’info) tout à fait valable. Le problème est le peu d’utilité qu’il présente. L’utiliser seul est une erreur, il est vrai. Il devrait toujours être accompagné du taux de rebond des 10/20 pages d’entrées les plus populaires afin de voir où ont lieu les “fuites” et si c’est normal (oui, certaines pages peut avoir un taux de rebond élévé).

    5/Arrêter de lire le nombre de visiteurs, ou encore de visite du jour
    Voir commentaires sur point 3.
    Dans le cadre d’une campagne, ce qui compte n’est pas le volume mais le rapport volume/qualité. Attirer du monde sur son site, c’est “facile”. Attirer un trafic de qualité l’est bcp moins. Je suis toujours sidéré de voir que pour bcp le succès d’une campagne se mesure sur le nombre de visiteurs et sur le cout par clic. Mon dieu, mon dieu 🙂

    Amicalement,

    Michael

  2. Merci Michael pour ce commentaire
    1/ Tout à fait d’accord, nous parlons souvent du cycle de vie d’un site web, mais auquel il faut associer un plan de marquage absolument et le maintenir tout au long de ce cycle de vie. Qui normalement est infini !
    2/ Et pourtant combien de fois nous entendons “j’ai mis aussi Google Analytics pour vérifier les chiffres obtenus au moins pour mon trafic”.
    4/ Je crois que nos points de vues convergent au final : seul un taux de rebond a peu d’utilité, mais étudier le taux de rebond de chaque page serait trop long de toutes manières.

    En tout cas merci à toi 🙂
    A bientôt,
    Fanny

  3. [I]’combien de fois nous entendons « j’ai mis aussi Google Analytics pour vérifier les chiffres obtenus au moins pour mon trafic »'[/I]

    Oh, pas plus tard que la semaine dernière en ce qui me concerne 😀

    Michael

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